Foulques

Un article de Armorial du Pays d'Oc.

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Guy FOULQUES, pape CLEMENT IV (05/02/1265 - 29/11/1268)

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D'argent à l'aigle de gueules terrassant un dragon de sinople
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D'argent à l'aigle de gueules terrassant un dragon de sinople

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Les armes de Guy Foulques (dit Le Gros), pape Clément IV :

D'argent à l'aigle de gueules terrassant un dragon de sinople


Un peu d'histoire

Français, Guy Foulques est né à Saint Gilles sur le Rhône, dans le Gard (patrie de la dynastie des comtes Raymond de Toulouse), à la fin du 12e siècle, peut-être un 23 novembre.
Il montra très tôt un goût pour les armes, qui furent sa première occupation.Puis survint l'envie des Lettres et du Droit qu'il aborda avec volonté et talent. Il devint docteur en droit civil et avocat. Tant fut son succès qu'il fut estimé des jurisconsultes les plus habiles de son siècle. Ainsi, Louis IX, que l'on n'appelait pas encore Saint Louis, en eut vent et le prit comme conseiller, secrétaire et même garde du sceau.
Il épouse Marguerite Ruffi, le 16 janvier 1239. Elle était fille de Jacques Ruffi et de Cécile du Saut. Nous découvrons qu'il avait alors "italianisé" son nom en Fucoldi et que, doté d'un embonpoint certain, on le surnommait Guy le Gros. De cette alliance, survécurent deux filles : Mabilie et Cécile. Mais la Providence n'avait pas placé le destin de Guy Foulques dans cette vie civile. Il perdit sa femme (là encore sa discrétion ne nous permet pas de savoir à quel moment) et il décida d'embrasser l'état ecclésiastique.

D'abord prêtre, en 1255, curé de Saint Gilles, évêque du Puy en Velay, en 1257, puis archevêque de Narbonne en 1259 et conseiller du pape Urbain IV. Il confirmait par là ses grandes qualités et, déjà, sa conception du devoir qu'il appliquera rigoureusement plus tard. Urbain IV le fera cardinal en 1261 et évêque de Sabine.
L'Angleterre vivait, alors, sous le règne d'Henri III Plantagenêt, personnage de faible caractère, devant faire face à la fronde des prélats et des grands barons, lesquels étaient menés par Simon V de Montfort, comte de Leicester. Les différents étaient tels que le pape proposa sa médiation. Il chargea le cardinal Foulques (dit Fucoldi) de la mener à bien. C'est ainsi que Guy Foulques se retrouva à Londres comme Légat du Pape.

Nous sommes en 1264. Urbain IV est au terme de sa vie et il décède, à Pérouse, en Italie, le 2 octobre de cette même année. Il devait avoir environ 70 ans. Guy Foulques, ayant terminé sa mission, rentre à Pérouse. Il est sur les routes et la nouvelle de ce trépas mettra du temps à lui parvenir. Le conclave doit s'organiser rapidement : il faut élire un nouveau pape. Il n'était pas encore arrivé à Pérouse, quand il sut qu'il avait été élu, à l'unanimité, 183e pape de l'ère chrétienne, le 5 février 1265.
Il lui fallait rejoindre l'Italie, alors que régnait sur la Sicile un certain Manfred, tyran et ennemi du Saint Siège, guettant l'arrivée du nouveau souverain pontife. Le nouveau pape élu se déguisa en marchand (pour certains), en moine (pour d'autres) afin de rejoindre Viterbe sans embûche. Là, le 22 février 1265, jour de la Chaire de Saint Pierre en Antioche (ref.. dictionnaire historique de Louis Moéry, édition de 1668), il fut couronné pape sous le nom de Clément IV. Nous nous trouvons, à ce stade, dans un cas de figure rare. La papauté est puissante, les souverains de l'occident lui rendent hommage. Et nous avons un Pape père de deux enfants. Si la règle veut que la famille d'un nouveau souverain pontife soit anoblie (frères, sœurs, neveux) lorsqu'elle n'appartient pas à cet ordre social, il est aussi de tradition que la famille soit pourvue d'avantages, de fiefs, de titres et de revenus substantiels. Alors, quand on a des enfants légitimes, on pourrait être tenté de les favoriser plus encore ! C'est humain et le Pape est…humain.

La chrétienté va mesurer les vertus du souverain pontife et entre autres, sa modestie, son désintéressement, sa douceur. Tant et si bien qu'il s'engagea à n'élever aucun de ses parents dans les prélatures, ni dans les charges ecclésiastiques. Il exécuta sa parole, sans faille. Un de ses neveux possédait trois prébendes ; il l'obligea à n'en conserver qu'une et à se défaire des deux autres. Une de ses nièces attendait une coquette dot pour son mariage : elle ne reçu que 300 livres. Mais pour ses filles courtisées par les plus grands seigneurs du siècle qui demandaient leur main, il annonçait si peu de dot que leurs souhaits n'allaient pas à leur terme. Mabilie et Cécile déclarèrent donc qu'elles préféraient l'état de religieuses à ces sollicitations sans fin.

C'est ce que fit Mabilie après 1267, dans un couvent, près de Nîmes, où elle mourut en 1307. Cécile, dite Fucoldi, elle, se mariera le 2 février 1274 avec son cousin Pierre Ruffi, d'où descendance que nous verrons ci-après.

En attendant, revenons à Clément IV et à son Pontificat. L'occident est empêtrée dans les affaires du royaume de Sicile. Manfred de Hohenstaufen, le souverain de Sicile, est le fils naturel de Frédéric II de Hohenstaufen (lui même, fils de Frédéric Ier Barberousse) qui, de son vivant, était empereur du Saint Empire et roi de Sicile. Frédéric II n'eut pas d'héritiers mâles de ses trois mariages successifs. A sa mort, en 1250, c'est donc à Manfred que revint le droit de régner sur l'île ; ce qui ne satisfaisait pas le Saint Siège dont les Etats voisinaient. Il fallait trouver un "champion" pour défendre la cause du souverain pontife et chasser Manfred du trône. Le pape Urbain IV jette son dévolu sur Charles d'Anjou, frère de Louis IX. roi de France. Charles prendra la tête du parti des Guelfes (partisans du Pape) ; les Gibelins étant ceux qui soutiennent les Hohenstaufen. A la mort d'Urbain IV, la querelle sicilienne n'est pas vidée.
Clément IV, dès son accession à la papauté, soutient Charles d'Anjou et le finance. Les troupes s'organisent et la bataille de Bénévent a lieu le 26 février 1266. Les partisans de Charles d'Anjou écrasent les Gibelins et Manfred de Hohenstaufen, roi de Sicile est tué. Charles d'Anjou s'assoit sur le trône de Sicile et le Pape le couronne à Rome. Cependant, les Gibelins ne s'avoueront pas définitivement battus. Conradin, un neveu de Frédéric II, veille et plusieurs années plus tard… Mais ceci est une autre histoire.Clément IV a réussi ! La première grosse difficulté temporelle sur laquelle le monde occidental l'attendait, est résolue.
Mais les finances du Saint Siège ont été mises à mal et les besoins sont d'autant plus grands que l'Eglise doit être reprise en main. Il faut des ressources stables et récurrentes. Il va décider et mettre en place un système fiscal pour capter une part des bénéfices ecclésiastiques qui, jusqu'alors, n'enrichissaient que leurs seuls détenteurs.Par ailleurs, on va le voir, sur un plan plus spirituel, inciter l'Espagne (qui n'était pas encore unifiée) à chasser les musulmans, forts présents dans ces contrées, décrétant qu'on ne devait pas les tolérer sur un sol chrétien. Les Croisades en Terre Sainte sont encore d'actualité. Ces prises de position font penser à l'attitude de Jean Paul II, face au monde communiste.

Ouvert à la découverte scientifique, Clément IV sera attentif aux travaux de Roger Bacon, un savant moine franciscain qui "troublait" l'ordre établi par ses écrits et donc, bien sûr, était traité de sorcier. Il va le soutenir, et permettre ainsi une petite révolution dans la mesure du temps. Roger Bacon a mis en lumière la distorsion entre le calendrier Julien (en vigueur à l'époque) et le calendrier solaire. L'abolition du calendrier Julien est proposée. Le monde chrétien la décidera et adoptera celui du savant jésuite, mais plus tard, sous un nouveau pape : Grégoire X. C'est le calendrier grégorien, toujours opérationnel aujourd'hui.

Toujours soucieux du bien de l'Eglise et du monde, Clément IV n'a pas régné en maître absolu. Il respectait les cardinaux, s'entourait de leurs avis et ne prit jamais une décision importante sans les avoir consultés et écoutés. Sagesse de gouvernement qui n'était pas courante à l'époque. Et, dans les deux dernières années de sa vie, Thomas d'Aquin qu'il hébergeait à Viterbe, fut d'une grande importance pour lui. Il n'a pas non plus "récompensé" d'ambitieux prélats par le chapeau de cardinal, ni donné cours à des manœuvres politiques. N'oublions pas qu'il a régné moins de 4 ans ! Son collège de cardinaux a donc eu une certaine stabilité durant cette période. Court règne d'un homme qui sut être, tour à tour, un guerrier, un juriste fin lettré, un conseiller reconnu, un mari, un père, avant d'être un religieux au service de Dieu et de l'Eglise. N'était-ce pas là une bonne formation, naturelle, à la connaissance des hommes et de la vie ? et à son Pontificat ? Clément IV est enterré dans l'église des Dominicains à Viterbe où son tombeau fait montre de ses armes (pour la première fois concernant un pape).

Viterbe

L'atmosphère médiévale qui parle à Tuscania de romantique abandon sert ici de cadre à l'animation d'une ville active, remplie de belles églises, de monuments, de palais.
Mais ce qu'elle possède de plus extraordinaire est un quartier entier du XIIIe siècle, intact comme il y a huit cents ans, premier décor médiéval le plus complet et le plus suggestif qui existe en Italie ; il environne la Contrada San Pellegrino. Au soir tombant et jusqu'à la nuit allez faire un tour dans l'ombre et le mystère de ces petites rues bordées de lourdes maisonnettes à escaliers extérieurs ornées de fenêtres ogivales, de balcons, de loggias.

Le lendemain matin nous irons voir la piazza della Cattedrale sur la gauche de laquelle s'élève le palais le plus important de la ville, le Palais Pontifical (1257-1266), crénelé, orné, sur le côté, de son aérienne loggia ajourée. Dans sa grande salle eurent lieu de célèbres conclaves et c'est de là que partirent de terribles excommunications comme celle qui fut proclamée contre les habitants de Viterbe qui s'étaient soulevés contre l'élection, au trône pontifical, du français Martin IV, due aux intrigues menées par Charles d'Anjou. En passant devant le Palais Farnèse (début du XVe s.) on arrive, par la via Cardinal La Fontaine, à la splendide Fontaine Grande du XIIIe s. Par la via Cavour, après la pittoresque Maison Pescia (XIVe s.), on va à la piazza del Plébiscito, avec le Palais Communal roman et le Palais du Podestat.

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<center>Palais du pape CLEMENT IV à Viterbe (Italie)

Descendance de CLEMENT IV

I. - Gui Foulques, (dit Fucoldi), pape sous le nom de Clément IV (5 février 1265 - 29 novembre 1268), épouse le 16 janvier 1239 Marguerite Ruffi, dont :
      II. 1. - Mabille, religieuse dans un couvent près de Nîmes, décédée en 1307 ;
      II. 2. - Cécile, qui suit ;


II. - Cécile Foulques, (dite Fucoldi), épouse le 2 février 1274 Pierre Ruffi, son cousin, dont elle eut :

III. - Guidon Ruffi, marié le 2 avril 1312, avec Andréa de Saint Martial d'Anduze, dont il eut :

IV. - Andrée Ruffi, mariée le 13 septembre 1349, à Montpellier, avec Jean Gras (ou Gros), dont :

V. - Jeanne Gras (ou Gros), épouse le 4 décembre 1371, à Montpellier, Pierre de Conques, dont :

VI. - Jacques de Conques, seigneur de Montpezat, épouse en 1399, Armande de La Manhanne, dont :

VII. - Jacquette de Conques, dame de Montpezat, épouse en 1420, Armand II de Saint Félix, écuyer, seigneur de Montpezat et de La Pailhade, écuyer de Charles VII, bailli royal de Montpellier (1437).

Note

Pour poursuivre la filiation et afin d'éviter des répétitions : "cliquer" sur Armand II de Saint Félix.
Cela vous conduira sur la page de la Maison de Saint Félix dans laquelle vous retrouverez Armand de Saint Félix, souligné d'un trait. Il ne vous restera plus qu'à suivre sa descendance.

CHAQUE NOM DE FAMILLE COLORE FONCTIONNE COMME UN LIEN. EN "CLIQUANT" DESSUS, VOUS IREZ A LA PAGE CONCERNEE PAR CE NOM.

Vous pourrez ainsi, suivre la descendance du pape CLEMENT IV (connue par le rédacteur), en changeant de famille, selon votre souhait.

Sources

  1. ? Armoiries papales
  • Francis Cayre,
  • Jean-Louis Dega,
  • Loïc le Marchant de Trigon, notes et recherches personnelles.
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